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Histoire

Bricy, 11 octobre 1870 : Une tragédie oubliée

Il y a 150 ans, le 19 juillet 1870, Napoléon III, empereur des français, déclarait la guerre à la coalition des états allemands, dirigés par la Prusse de Bismarck.

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Très vite, l’armée prussienne s’avère très supérieure à l’armée française, et Napoléon III capitule après la défaite de Sedan, le 2 septembre 1870.
Les armées prussiennes et leurs alliés déferlent alors vers Paris, dont ils font le siège.

C’est la fin du second empire, et la 3 ème république est proclamée. Celle-ci décide de former une nouvelle armée dite « de La Loire » qui a pour but de remonter vers Paris afin d’en briser le blocus.

Les premiers combats ont lieu au nord du département du Loiret, et la bataille d’Artenay, le 10 octobre 1870, est une sévère défaite française. Les prussiens se dirigent alors sur Orléans.

Le 11 octobre 1870, alors que la bataille fait déjà rage sur un front allant d’Orléans à Ormes, un détachement prussien traverse Bricy, où se produit un accrochage.

Les prussiens raflent alors tous les hommes du village, qu’ils emmènent comme otages sur le front d’Ormes. Après avoir menacé de les fusiller, ils sont déportés avec d’autres otages des environs vers la forteresse de Stettin, ville au bord de la mer baltique, en ce temps là en Poméranie prussienne, de nos jours en Pologne.

Pour cela ils parcourent 200 kilomètres à pied, de Ormes à Nogent l’Artaud, en 6 jours, puis 1500 kilomètres en wagons de marchandises, de Nogent l’Artaud à Stettin, en 4 jours.

Au total 75 hommes sont déportés (52 hommes de Bricy et 23 des environs). 10 hommes ayant pu s’échapper, et 5 autres étant restés dans les hôpitaux français, 60 hommes arrivent à Stettin, et y sont retenus pendant les 5 mois d’hiver, tout d’abord astreints à des travaux forcés comme criminels de droit commun, puis comme prisonniers de guerre.

18 hommes y décèdent ; 42 hommes (24 de Bricy, 18 des environs) sont libérés à la fin de la guerre, le 28 févier 1871, et reviennent dans leurs foyers le 7 mars 1871.

Parmi ceux-ci, l’instituteur du village, Gustave Fautras, raconte dans un ouvrage « 5 mois de captivité : récit d’un prisonnier civil en Prusse » paru en 1873, le récit fidèle, exact dans ses moindres détails, de ce qu’ils ont souffert sur le chemin de Prusse et sur la terre étrangère : Leur arrestation,
leur détention à Ormes, les violences et les maltraitances durant leur transfert, les rigueurs du froid sibérien (-25 °) et les traitements inhumains à Stettin, la souffrance et la mort de ses compagnons, leur retour en France.

Nous évoquons ce passé oublié de l’Histoire dans l’exposition :

Bricy, 11 octobre 1870 : Une tragédie oubliée
Du 8 au 11 novembre 2020, Salle de fêtes de Bricy